
Ah,
la joie des soldes
Ch’sais pas si ils deviennent timbrés
Pas aller se coucher
Pour être les premiers à s’agglutiner
Devant une vitrine allumée
Minuit pile, la grille s’ouvre
Et voilà que s’engouffre
Des tas d’ cinglés
Pour avoir le prix de l’année
J’ peux pas y échapper
J’ai donc attendu
La deuxième semaine
Des soldes dans la rue
Dénicher l’affaire
V’là que je m’enfonce
Dans un centre immense
Rechercher la chose
Mais
qu’est ce que c’est cette couille
Qui fourmille, qui grouille
Comme des têtards
Qui courent à l’ovule
pour faire un bâtard
Qu’achet’ra des pulls
De
chaque côté
De la grande allée
De grosses enseignes
Qu’invitent à entrer
Les lumières clignotent
A gauche et à droite
Mon sang qui caillote
C’est la mort, les mains moites
Des escalators
Qui montent, qui montent
Mon
courage en main
Je rentre dans un magasin
Mais comment choisir
On peut pas respirer
On est trop serré
Faut être super bien gaulée
Pour arriver à s’ faufiler
Entre les rayons
Et les potiches qui disent
Faut en profiter
J’
rentre dans une boutique
J’ai froid, y’a la clim
L’allée principale
C’est chauffage central
Mon brushing déprime
À force de transpirer
Avec ces chauds, froids,
J’vais bien m’enrhumer
Marre
d’ me balader
Dans ces foutues allées
J’continue tout droit
J’vois plus rien d’vant moi
Qu’ ce dédale de mini rue
Ce labyrinthe
Je me suis perdue, u,u,u,u,u,u
J’tourne en rond comme une paumée
J’arrive plus à avancer
Quand soudain, j’aperçois enfin
La sortie qui me tend les mains
Je cours comme une dératée
Heureuse de pouvoir respirer
L’air extérieur pollué
De cette ville où j’étais allée.
Ah,
la joie des soldes
Hébétée et fatiguée
Mal aux pieds et écœurée
Pas ruinée car rien trouvé
Contente d’être sortie dar-dar
Je jurais, mais un peu tard
Que je ne le ferais plus
Même à temps perdu
Séverine Collet - William Grine